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Alfa romeo brera : la belle incomprise

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Alfa romeo brera : la belle incomprise
par :
Atome Automobile Club

Manque de caractère moteur, trop lourde, pas assez performante, un peu trop chère : les critiques se sont déchaînées à la sortie de cette œuvre d’art sur roue. Pourtant, cette bella macchina n’est pas dénué d’intérêt, et son prix attractif en occasion en fait une belle affaire ! Retour sur une belle incomprise des années 2000 : l’ Alfa Romeo Brera …

Alfa Romeo Brera

La brera une histoire de coeur

Si elle est sortie en 2006, l’origine de la Brera date du concept présenté lors du salon de Genève de 2002. Sortant des bureaux de design du maître italien Giugiaro, le concept Brera étonne par ses proportions avec une face avant basse et agressive grâce à ses 3 phares ronds de chaque côté de la calandre en trèfle, son long capot et son arrière haut, très arrondi et tombant brutalement. Doté du V8 Ferrari Maserati de 4.2 l et de 400 chevaux, le concept Brera est largement plébiscité et Alfa Romeo décida de le sortir en série en 2006.

Mais malheureusement, Maserati refusa qu’Alfa Romeo utilise ce V8, de peur que la marque au Quadrifoglio ne lui fasse de l’ombre. C’est donc avec les contraintes d’une voiture de grande série que fut développée la Brera. Ainsi, elle partage la même plateforme et les mêmes moteurs que la berline 159 et son design est moins « extrême » que le concept. Il n’empêche que si la ligne est moins tendue, ses rondeurs atypiques la rendent irrésistible et belle pour l’éternité. Douze ans plus tard, la Brera n’a pas pris une ride et les rares modèles en circulation créent toujours l’admiration des badauds.


Un intérieur de qualité pour l’alfa romeo brera

Lassée des critiques émises à l’encontre des modèles de la marque concernant la finition, Alfa Romeo décide de prendre le taureau par les cornes avec un intérieur dont la qualité effectue un grand bond en avant par rapport aux séries 147, 156 et GT. Sur les modèles haut de gamme, le cuir apparaît dans tout l’habitacle, y compris sur la planche de bord. Les commodos font nettement plus sérieux et la console centrale orientée vers le conducteur est disponible en aluminium sur les premiers modèles, en couleur anthracite ou encore en carbone sur les modèles post-2008. Si l’aluminium des premiers modèles laisse une impression mitigée, la finition des inserts anthracite ou carbone donne une touche haut de gamme à la Brera. Le maintien des sièges des premières versions est un peu juste mais Alfa Romeo a eu la bonne idée de les remplacer par de superbes modèles mieux dessinés à partir de 2008.

L’intérieur apparaît nettement plus chaleureux que les concurrentes allemandes mais on regrettera le nombre de boutons trop important ainsi qu’un certain manque d’ergonomie. L’équipement est à la hauteur sur toutes les gammes avec le radar de recul, la climatisation automatique bi-zone ou encore le régulateur de vitesse.

Si tous les modèles disposent obligatoirement du toit vitré, il faut lorgner sur une version Sky View pour que le ciel de toit se rabatte et permette de profiter du supplément de lumière. Sur les autres versions, les plus bricoleurs n’hésitent pas à découper le ciel de toit pour voir le toit panoramique, son filtrage des UV étant suffisant pour s’en passer lorsque le soleil est important.


Sous le capot de l’alfa romeo brera, point de v8

A la place du V8 du concept-car, Alfa Romeo équipe la Brera de deux moteurs essence et un moteur diesel dès sa sortie :

- 4 cylindres essence 2.2 JTS atmosphérique à injection directe de 185 chevaux autorisant un 0 à 100 km/h en 8,6 secondes et une vitesse de pointe de 222 km/h.

- V6 essence 3.2 JTS atmosphérique à injection directe de 260 chevaux. Le 0 à 100 km/h s’effectue en 7,3 secondes pour une vitesse maximale de 236 km/h.

- 5 cylindres turbo diesel 2.4 JTDm qui propose un 0 à 100 km/h en 8,1 secondes et une vitesse de pointe de 228 km/h.

A partir de 2008, Alfa Romeo installe des trains roulants en aluminium pour gagner du poids sur sa Brera et monte deux nouvelles motorisations plus légères :

- 4 cylindres turbo essence de 1.8 à injection directe développant 200 chevaux. Ainsi dotée, la Brera effectue le 0 à 100 km/h en 7,7 secondes et monte jusqu’à 235 km/h.

- 4 cylindres turbo diesel 2.0 JTDm de 170 ch permettant un 0 à 100 km/h en 8,8 secondes et une vitesse maximale de 218 km/h.

Sujet à des soucis de filtre à particules, le 2.4 JTDm fut revu en 2008 en une version plus puissante de 210 chevaux qui se révèle plus fiable et performante.

Malheureusement pour les plus sportifs, la Brera ne fut disponible qu’en simple traction ou en version Q4 à transmission intégrale pour le V6 (traction Q2 possible à partir de 2008).

Deux types de boîtes de vitesse ont été proposés avec une classique boîte manuelle à 6 rapports ainsi qu’une boîte automatique à convertisseur, également étagée sur 6 vitesses.


Alfa romeo brera, un flop sous le flot des critiques ?

Dès son lancement, l’Alfa Romeo Brera ne fut pas épargnée par les critiques. En premier lieu, des performances un peu décevantes au regard des niveaux de puissance affichés, notamment par la version V6. Ce moteur de 3.2 litres a eu la lourde tâche de remplacer le mythique V6 « Arese » créé par Giuseppe Busso et adoré des Alfistes mais dont la conception trop ancienne rendait la tâche trop difficile pour respecter des normes antipollution de plus en plus drastiques.

Avec son bas moteur d’origine General Motors, son manque de caractère et de punch tranche avec la rage de l’ancien V6. Et si la sonorité est plutôt sympathique, elle n’égale pas le chant de son prédécesseur. Sur le plan esthétique, les superbes tubulures d’admission chromées ont laissé place à un cache en plastique nettement moins glamour.

Le 2.2 JTS est également d’origine General Motors et, bien que manquant de puissance, il offre tout de même un certain agrément avec sa puissance disponible en haut dans les tours.

Pour avoir un moteur essence 100% italien, il faut opter pour le 1.8 turbo essence, aussi appelé 1750 TBI en référence au fameux 4 cylindres Bialbero. Assez coupleux, c’est peut-être la motorisation la plus adaptée à la Brera, même s’il dispose d’un peu trop d’inertie lors des montées en régime.

Si la dernière Giulia est enfin revenue à la propulsion, la transmission de cette Brera est nettement moins fun puisque la plupart des modèles vendus est en traction avant, et que seules les versions V6 sont équipées d’une transmission intégrale efficace, mais très lourde. En effet, le poids est également une grosse critique pour la Brera puisque les versions en deux roues motrices tournent autour de 1,6 tonne et que la V6 avec sa transmission intégrale dépasse 1,7 tonne, une masse évidemment excessive pour un véhicule ne mesurant que 4,41 m de long !

Photo : Point de V6 Arese sous le capot

Les raisons de ce surpoids sont multiples. Tout d’abord, la structure du châssis est intégralement faite d’acier et se révèle très épaisse. Ensuite, la hausse de la finition et des équipements engendre un surpoids évident. Le moteur V6 est lui-même très lourd tout comme la transmission intégrale. Enfin, les ingénieurs ont eu l’excellente idée d’imposer le toit vitré qui ajoute de la masse, qui plus est en hauteur, ce qui n’est pas favorable pour le centre de gravité de la voiture.

En conséquence, le comportement et les performances de cette Alfa Romeo Brera ne sont pas assez sportifs par rapport à ce que l’on attend de ce type de véhicule. De plus, la répartition des masses n’est pas excellente car concentrée pour majorité sur l’avant, ce qui engendre du sous-virage. Alfa Romeo a toutefois quelque peu amélioré le tir avec ses versions post-2008 dont les trains roulants ont été nettement allégé grâce à l’utilisation de l’aluminium. L’apparition du bloc 1.8 turbo essence (qui équipe également la sportive 4C en version aluminium) permet également de gagner un peu de poids et ainsi tourner autours de 1,5 tonne.

Enfin, et malgré sa rareté, on pourrait reprocher à la Brera un relatif manque d’exclusivité. Pourquoi ? Tout simplement car Alfa Romeo donna presque la même face avant à la berline 159, ainsi qu’un habitacle identique.


Alfa romeo brera : une beauté pourtant pas dénuée de qualités

En effet, et malgré les critiques, la Brera ne manque pas d’intérêt ! Outre sa ligne de top modèle, le châssis est très efficace. S’il est aussi lourd, c’est au bénéfice de sa rigidité très élevée. Ainsi, et grâce à des trains roulants largement dimensionnés, le grip de la Brera est excellent. Sur le plan de la motricité, oublié le manque de rigueur des séries précédentes, la Brera arrive à faire passer sans problème la puissance, que ce soit en 2 ou en 4 roues motrices.

Les moteurs manquent de caractère, certes, mais ils sont parfaitement utilisables pour une utilisation de tous les jours. Ainsi, même les versions diesels ont du sens pour les plus gros rouleurs, grâce à un couple intéressant et à une consommation plus basse que les blocs essences. Le niveau de confort est lui remarquable grâce à un équipement très complet et une insonorisation impeccable.

Car il est là le problème de cette Alfa Romeo Brera : elle est incomprise !

Pour la comparer à de potentiels concurrents de chez Audi, elle n’a pas le dynamisme ou les performances d’un TT. Si elle rivalise davantage avec l’A5 à ces sujets, elle n’a pas la longueur et l’espace disponible de la teutonne (surtout aux places arrière !). Il faut prendre la Brera pour ce qu’elle est réellement, c’est-à-dire une météorite dans le paysage automobile. Ce n’est certes pas une pure sportive, mais la Brera permet de rouler dans une œuvre d’art au quotidien, car elle sait être confortable, fiable et est accessible au plus grand nombre financièrement.


Quel budget pour rouler en alfa romeo brera aujourd’hui ?

En neuf, l’Alfa Romeo Brera était assez chère car il fallait débourser au moins 32.000 € pour une version 2.2 JTS et jusqu’à plus de 43.000 € pour la V6.

Malgré sa rareté, avec seulement 21.661 exemplaires produits, la cote de la Brera est aujourd’hui très basse puisqu’il est possible de dénicher une version 2.2 JTS entre 8.000 € et 12.000 €, la V6 3.2 se vend entre 10.000 € et 18.000 € pour les tous derniers modèles. Les 2.0 JTDm commencent dès 6.000 € alors que les 2.4 JTDm sont accessibles à partir de 8000 €. Plus rare et très recherchée, la version 1750 TBI est celle qui se vend le plus cher avec un prix compris entre 14.000 € et 20.000 €.

La Brera est globalement fiable, les quelques soucis rencontrés concernent en général la chaîne de distribution du 2.2 JTS qui se détend exagérément, le filtre à particule du 2.4 JTDm 200 chevaux ou encore la crémaillère de direction qui peut souffrir du poids important de la belle. Les coûts d’entretien restent toutefois mesurés et permettent de profiter de la Brera sans se soucier des kilomètres.

Alfa Romeo s’est trompé avec la philosophie de la Brera. Ils ont sûrement pensé que sa plastique de rêve, sa finition en hausse, sa rigueur de conduite et son confort suffirait à en faire une réussite commerciale. Hélas pour la firme de Milan, c’est le manque de prestations sportives qui fut mis en avant par la presse et fera fuir les acheteurs. La Brera n’est clairement pas faite pour du circuit ou pour de la conduite extrême, mais, avouez-le, aller tous les jours au bureau au volant d’une telle beauté… C’est quand même la classe !

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